Après quinze années passées sur scène, Marilyn Héraud découvre la voix-off presque par hasard… et tout s’accélère. Ce qui devait être une reconversion loin du jeu devient un véritable coup de foudre pour le micro, ouvrant la voie à une carrière riche entre radio, publicité, narration et projets engagés. Animée par une exigence artisanale et une énergie communicative, elle aborde chaque enregistrement comme un espace d’écoute et de partage. Dans cette interview, elle revient sur son parcours, sa vision du métier et l’envie constante de faire vibrer la voix humaine.
Quel a été le déclic qui vous a menée vers la voix-off ?
Après quinze ans de théâtre et de castings, j’avais envisagé d’arrêter le métier. Passionnée de cuisine et de pâtisserie, je voulais ouvrir un lieu familial mêlant restauration, lectures et jeux pour enfants. Mais un stage de voix-off, que l’on m’a conseillé de faire, a changé ma vie. Après seulement deux jours en cabine, j’ai compris que j’étais à ma place : un véritable coup de foudre pour le micro. J’ai immédiatement abandonné mon projet de restaurant pour me consacrer entièrement à cette nouvelle voie. Un premier spot pour Oui FM, puis la confiance rapide d’Europe 1… et l’aventure a commencé.
Au-delà du talent, quelles qualités sont indispensables selon vous ?
Être comédien est essentiel : cela permet d’être malléable face aux intentions, aux émotions et aux attentes des projets. Il faut savoir proposer… ou simplement écouter et répondre exactement à la demande. La patience, le respect, la diplomatie et une bonne hygiène vocale sont fondamentaux. Ne jamais être blasé, garder l’enthousiasme et le plaisir : c’est ce qui nourrit la flamme et se ressent en séance.
Comment appréhendez-vous le stress et la pression liés au métier ?
Le stress est pour moi un moteur. Il me pousse à me mobiliser davantage sur des projets exigeants. Je l’accepte, mais il ne s’entend jamais au micro : c’est mon secret. Je me couche tôt, j’arrive en avance, je me concentre… et je travaille avec enthousiasme. Dépasser mes peurs renforce ma confiance.
Avez-vous un rituel avant une session d’enregistrement ?
Je veille à une bonne hygiène de vie : pas de cigarette ni d’alcool, un sommeil régulier, et j’évite les environnements bruyants ou enfumés avant des séances importantes. Je considère ce métier comme un artisanat qui demande respect et attention.
Un souvenir particulièrement amusant en studio ?
L’amusement vient surtout des équipes avec lesquelles on travaille. J’ai la chance de collaborer avec des personnes formidables et les séances sont souvent pleines de rires. Je me souviens notamment d’enregistrements de publicités coquines alors que j’étais enceinte de huit mois : le contraste était assez savoureux… et ma fille en rit encore aujourd’hui !
Une expérience plus difficile qui vous a marquée ?
Un producteur s’est montré désagréable en séance pour impressionner ses clients. À un moment, je lui ai proposé de me montrer ce qu’il attendait réellement. Il a compris que le rapport de force n’avait aucun sens : c’est avant tout un travail d’équipe.
Quels types de projets vous attirent le plus ?
Très sincèrement, j’aime tout. Un documentaire ou un e-learning permettent d’apprendre, une mention légale demande une grande précision technique, une publicité est une recherche créative avec le client… et une audiodescription bien réalisée est un vrai bonheur. Chaque projet a son intérêt.
Des expériences particulièrement marquantes dans votre parcours ?
Être la voix du Covid pendant trois ans a été très fort, car les enjeux étaient importants. J’ai aussi adoré être la voix de Virgin Radio pendant quatre ans : chaque séance était ludique et variée. La saga Leclerc, enregistrée pendant sept ans, reste un souvenir précieux, notamment grâce à ma collaboration avec Philippe Gautier. Je pense également aux contes pour enfants et à certains voice-over qui m’ont profondément marquée.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer ?
Être comédien ou comédienne est la base. Ensuite, suivre un stage permet de découvrir les contraintes techniques et de savoir si l’on se sent à sa place. C’est un espace sans enjeu où l’on peut explorer et comprendre ce métier.
Avez-vous des artistes ou collègues qui vous inspirent ?
J’admire beaucoup mes collègues et je suis leur travail avec attention. Les recommander lorsque c’est pertinent crée un cercle vertueux et de belles collaborations.
Avec quelles équipes avez-vous particulièrement aimé travailler ?
Europe 1, Virgin Radio, Radio Classique, TMC, M6, Arte, France TV, RMC, Sud Radio, Radio France, Nostalgie… ainsi que de nombreux directeurs artistiques et ingénieurs du son. Je leur suis profondément reconnaissante pour ces années de confiance.
Des collaborations que vous aimeriez encore découvrir ?
Toutes celles que je ne connais pas encore !
Quels sont vos projets ou envies pour la suite ?
J’ai retrouvé l’antenne radio en direct en novembre en tant que meneuse de jeu remplaçante sur Europe 1. Mon souhait est que mes différentes activités autour de la voix continuent de se mêler.
Votre plus grand rêve professionnel ?
Continuer à exercer ces métiers que j’aime infiniment, ne jamais être blasée et transmettre mon expérience, notamment avec Logoss.fr. Entreprise que j’ai fondée qui propose des formations dédiées à la prise de parole et à l’oralité.
Carte blanche : un mot pour conclure ?
La voix est un outil unique. Elle permet d’explorer toutes les émotions, de donner vie aux projets et de créer du lien. L’émotion, le partage et la transmission sont au cœur de ce métier. Vive la voix humaine !
Votre retour sur Voxing Pro ?
J’ai été parmi les premières utilisatrices et la plateforme m’apporte une grande visibilité. Mes clients accèdent facilement à mes contenus et découvrent souvent de nouvelles facettes de mon travail, ce qui me réjouit beaucoup.





