À la fois comédien voix reconnu et artiste de scène, Pierre Alam navigue depuis plus de vingt ans entre studios d’enregistrement, projets audiovisuels et créations artistiques. Aujourd’hui, il est aussi à l’affiche d’un one-man-show personnel et audacieux, « J’ai toujours voulu qu’on m’appelle Papa », dans lequel il explore la parentalité avec humour, sincérité et autodérision.
À l’occasion de cette actualité scénique, nous avons rencontré Pierre Alam pour parler de son parcours, de son rapport à la voix, de son expérience du doublage et de ce qui continue, après tant d’années, à nourrir sa passion du métier.
La voix n’était pas un choix de carrière prémédité. Comment tout a commencé pour vous ?
Je ne l’ai pas « décidé ». Même si j’ai toujours été très sensible aux voix, c’est vraiment un concours de circonstances qui m’a conduit à devenir, entre autres, comédien voix. Un ami ingénieur du son me disait que j’avais une belle voix et il m’a présenté à une directrice artistique qui m’a donné ma chance. L’aventure « voix » a donc commencé en janvier 2005 !
Selon vous, qu’est-ce qui fait la différence dans ce métier, au-delà du talent pur ?
Beaucoup d’abnégation, du temps et surtout, être comédien !
Si vous deviez identifier un moteur essentiel dans votre parcours, lequel serait-ce ?
Ma passion pour le cinéma. Dès petit, je rejouais des scènes de films devant la famille.
Le stress et la pression font partie intégrante du métier. Comment avez-vous appris à les apprivoiser ?
Il m’a fallu beaucoup d’années pour « gérer » le stress et la pression. Aujourd’hui, je suis dans le relâchement tout en étant concentré.
Avant une session d’enregistrement, avez-vous des rituels ou une méthode de préparation particulière ?
Je ne me prépare jamais. Cela fait 20 ans que je suis dans le domaine de la voix. J’essaie d’être le plus disponible possible pour être à l’écoute du directeur artistique.
Comment donne-t-on une identité vocale à un personnage qui n’existe que sur un écran ou sur une page ?
Un comédien a cette capacité, à partir de dialogues par exemple, « d’entendre » le ton et l’énergie du personnage. À partir de là, en théorie, le « son » sort naturellement.
Quel projet vous a offert le plus de liberté et de plaisir de jeu ?
Un jeu vidéo qui s’appelle King of Meat. J’avais une telle liberté que j’ai pu utiliser toute ma palette artistique et vocale. Je me suis régalé ! Faire rire toute l’équipe fut un vrai plaisir.
À l’inverse, existe-t-il une expérience que vous qualifieriez de plus difficile ?
Pour être tout à fait transparent, ce ne sont pas tant les projets ou les expériences voix qui font les mauvais souvenirs. Ce sont plutôt les personnes.
Y a-t-il un type de projet qui reste, pour vous, au sommet ?
Le graal reste et sera toujours le doublage de fictions, TV et/ou cinéma. En ce qui me concerne, j’aime tout faire, car ce métier est une vraie passion.
Un rôle qui vous a particulièrement marqué au fil des années ?
Difficile de répondre. Je dirais le personnage de Captain Boomerang dans le jeu vidéo Suicide Squad: Kill the Justice League, car j’ai travaillé dessus pendant trois ans !!
Que diriez-vous à quelqu’un qui rêve de se lancer dans le doublage ou la voix-off ?
Avant tout : être comédien !
Quel est aujourd’hui votre plus grand souhait professionnel ?
Vivre de mon métier le plus longtemps possible. Je me nourris de toutes et tous.



