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Voxing Pro

Rencontrez l’acteur et chanteur franco-britannique Ryan Highley, qui s’est fait un nom dans des productions telles que The Veil, AkimBot, Dofus, et Road 96. Son travail de voix couvre des campagnes mondiales dans divers secteurs, y compris la publicité, les documentaires, l’animation et les jeux vidéo. Il prête sa voix en anglais et en français et a collaboré avec des réalisateurs renommés comme Olivier Dahan et Damon Thomas.

Quand et comment avez-vous décidé de devenir comédien voix ?

J’adore évoquer cette histoire parce qu’il m’a fallu des années avant de me lancer sérieusement dans ce métier. Quand j’avais environ 7 ans, j’ai vu Madame Doubtfire. Le Rôle de Robin Williams est principalement centré sur le personnage de la vieille nounou, mais moi j’ai été frappé par le fait qu’il était aussi comédien de doublage dans des dessins animés dans le film. À un moment, il se retrouve même genre au Pôle Emploi en train de faire des voix et des imitations. C’EST LÀ, que je me suis dit : « Je veux faire ça ! » Il m’a ensuite fallu 20 ans pour bien faire mûrir l’idée et mûrir moi-même et décider de m’y mettre sérieusement. Haha !

Quelle expérience de vie vous a été la plus utile pour devenir comédien ?

Alors clairement les jeux de rôle, mais genre « les vrais », ceux sur table. C’est étrange pour beaucoup de gens, mais c’est là que j’ai tout essayé, testé, raté et réussi dans tous les aspects et personnages que je faisais. Des perso sophistiqués, rusés, émerveillés, sincère, taré, j’ai tout essayé. Ça m’a aussi permis de mettre en pratique toutes les compétences théâtrales que j’avais acquises sur 14 ans.

Comment gérez-vous la pression des auditions ?

Avant de me lancer, j’ai fait pas mal de boulots dans la vente. Chaque refus, rejet, chaque “non”, est un pas qui en réalité nous rapproche de la personne qui veut vraiment travailler avec nous. J’ai donc arrêté de faire des suppositions sur ce qu’on attendait de moi. Je fais mon truc, je fais « du Ryan », je reste dans l’instant présent, et ça enlève la pression.

Quelle est votre routine avant d’entrer en studio ?

Je parcours le script, je relis les notes du réalisateur, je prends mes propres notes, je pose des questions, puis j’en pose encore plus. Ensuite, j’oublie tout. Puis je reviens, je m’échauffe la voix, j’ouvre l’appel, et j’appuie sur “REC”.

Quelles sont, selon vous, les trois principales qualités qu’un artiste doit avoir pour réussir dans cette industrie ?

La création d’habitudes vertueuses, la persévérance et de l’Amour, oui ! Trouver un moyen d’aimer ce qu’on fait, même quand on ne produit pas du « bon » travail. L’aimer quand même, et faire mieux la prochaine fois. Et faire confiance au processus. On ne contrôle pas tout ; parfois, il faut juste sauter dans le vide.

Quels types de projets préférez-vous ? Qu’est-ce qui les rend spéciaux pour vous ?

J’aime tellement de choses différentes, ce n’est pas une question facile. Mais, en gros, ça va être ce qui me donne rapidement des frissons, les projets inspirants. J’aime quand une marque veut toucher cette corde sensible qui semble donner de la force à celui qui écoute. Les projets qui donnent un sens, une sorte de mission, de l’engagement, et une sensation d’être ensemble « togetherness ». J’ai fait cela pour Surfriders, Hennessy, ACCOR, WorldSkills, et bien d’autres.

Parlez-nous de l’un de vos moments professionnels les plus drôles …

Il y a un jeu qui est sorti le 29 août 2024, Akimbot. Je joue la version française du héros principal, Exe, ce qui était amusant. Mais je fais aussi à la fois les versions française et anglaise d’un robot scientifique un peu taré appelé « The Processor ». C’ÉTAIT TRÈS drôle à jouer !

Quelle a été votre pire expérience pro ?

Oh là là… Je ne raisonne pas vraiment en ces termes. Ma « pire » expérience m’a tellement fait grandir. J’étais en cabine de son, écouté par cinq clients, l’ingé son et le boss de la boîte de prod ; les clients n’était pas content de ce que je proposais, c’était malaisant, et j’étais pommé. Mais nous avons continue le boss a recadré la situation et on a réussi. Mais ce moment m’a énormément appris sur l’écoute, la patience, la soumission à un processus, et une claque d’humilité. C’était la plus grande courbe d’apprentissage que j’avais eu depuis longtemps.

Quel est votre plus grand rêve professionnel ?

C’est pas facile, celle-là. Ben, jouer un rôle important dans un jeu vidéo lié à Star Wars serait un accomplissement de premier ordre pour moi. Cependant, il y a tellement de franchises avec lesquelles je serais heureux de travailler que je serais vite heureux !

Parlez-nous de vos projets à venir …

C’est drôle, c’est plus du côté des RPG qu’il se passe des choses. J’ai une nouvelle assez délirante ! Je fais partie d’une émission d’Actual Play sur YouTube. C’est comme Critical Role — vous pouvez checker ça — mais nous sommes une émission française appelée Rôle’N Play. En octobre 2024, nous nous lançons à l’international pour la première fois un format pout tester ! Nous aurons quatre épisodes dans un univers de dingue appelé CATS: The Conspurracy, avec une actrice britannique célèbre, Devora Wilde, comme invitée spéciale ! Je suis tout excité à ce sujet — c’est une personne adorable en plus d’être talentueuse !

Quels producteurs ou réalisateurs de voix se démarquent pour vous, et pourquoi étaient-ils formidables à travailler avec ?

Eh bien, l’une des expériences les plus marquantes pour moi a été d’être dirigé par Olivier Dahan sur un projet très hors-norme qu’il avait en cours, et j’ai adoré sa direction clair, directs et efficace. Je me sentais comme un instrument au service de ce que nous étions en train de créer. Très intense. Au-delà de cela, je suis reconnaissant d’avoir travaillé avec Doug Rand, Adrien Hermans, Damon Thomas, et d’autres, mais ces gars-là m’ont particulièrement aidé à grandir.

Avec quels réalisateurs de voix aimeriez-vous travailler ?

Wow, il y en a tellement… Beth Park serait top, grâce à son incroyable travail sur Baldur’s Gate 3 et, plus récemment, Black Myth: Wukong. Un autre plaisir serait de travailler avec Mary Elizabeth McGlynn, qui a dirigé Vox Machina. En gros j’aime le bon boulot (haha), et tous ceux qui savent tirer le meilleur des comédiens au service de la création.

Pouvez-vous recommander des cours, des formations, des ateliers ?

J’ai particulièrement apprécié une formation que j’ai suivie à Rhinocéros Formation à Paris avec Emmanuel Karsen — ils ont aussi d’autres chouettes personnes.

Avez-vous des conseils à donner à quelqu’un qui souhaite commencer une carrière dans la voix ?

Mettez-vous dans autant de situations d’enregistrement que possible, même chez vous avec votre téléphone. Faites-le, ratez, recommencez. Faites-le, ratez, recommencez. L’échec c’est essentiel ! C’est l’essence même de la croissance ! Contactez des gens. Acceptez aussi l’idée que personne ne vous attend, le monde tourne déjà sans vous, mais vous finirez par trouver quelqu’un un jour qui veut voir ce qui est possible. Toutes les compétences que vous développez en entrant dans cette industrie sont de très bonnes qualités pour tout ce que vous entreprendrez à l’avenir, même si vous décidez de changer de voie.

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